Les travailleurs frontaliers avec la Suisse et les emprunteurs polonais peuvent être concernés.

L'exposition des banques françaises au crédit en francs suisses reste limitée - Lesechos.fr

L’exposition des banques françaises au crédit en francs suisses reste limitée – Lesechos.fr

L’envolée du franc suisse après la décision de la banque centrale helvétique d’abolir son cours plancher face à l’euro ravive de mauvais souvenirs en France. Certains emprunteurs reprochent à leur banque de leur avoir accordé des prêts en francs suisses remboursables en euros sans les avoir, selon eux, assez informés sur le risque de change. Ainsi, lorsque la monnaie suisse s’apprécie, le montant à rembourser en euros augmente dans les mêmes proportions.

Le cas Helvet Immo, ce crédit immobilier distribué entre mars 2008 et décembre 2009 par BNP Paribas Personal Finance (PF), est emblématique, certains clients allant jusqu’à l’assigner au civil après avoir subi la baisse de la monnaie unique lors de la crise de la zone euro. « Depuis la mise en oeuvre du produit Helvet Immo, sur les 4.655 dossiers commercialisés, 2.743 ont été traités à la suite de la mobilisation des équipes dès le renversement de tendance en termes de change euro-franc suisse lors de la crise de l’euro […] », indique-t-on au sein de l’établissement de crédit. « Une fois la fébrilité actuelle sur les taux de change apaisée, BNP Paribas Personal Finance prendra les mesures adaptées à la situation individuelle de chacun. »

Une offre très rare

Au-delà de ce cas particulier, le risque pour une banque est que l’emprunteur se trouve à terme dans l’impossibilité de tout rembourser, voire qu’il se retourne contre elle. Or, ce type de risque a de fait peu de chances de se matérialiser. A titre d’exemple, il existe ainsi à la Société Générale des prêts immobiliers en francs suisses à destination de travailleurs frontaliers (résidents français) achetant un bien immobilier en France mais gagnant leur vie en francs suisses. Dans ce cas de figure, la hausse de la monnaie helvétique n’a pas d’impact sur le montant à rembourser. Ce type d’offre est d’autant plus rare que, depuis le 1er octobre dernier, les prêts libellés en devises étrangères à l’Union européenne sont plus encadrés en France.

La hausse du franc suisse concerne davantage la Pologne, où, selon le gendarme bancaire local, 40 % des crédits immobiliers sont libellés en francs suisses. Les groupes bancaires français y sont exposés via leurs filiales polonaises. « Pour BNP Paribas Polska-BGZ, les encours concernés se limitent à environ 1,5 milliard d’euros et sans doute moins encore pour Crédit Agricole Polska, qui n’accorde plus ce type de crédit depuis des années », précise Cyril Meilland, analyste chez Kepler Cheuvreux.

Article Les Echos – Edouard Lederer