Loi Lagarde et loi Hamon sont censées aider les emprunteurs à négocier l’assurance liée à leur crédit immobilier. Mais les banques ne l’entendent pas de cette oreille.

Non, non, rien n’a changé

Il y a tout d’abord la loi Lagarde, permettant de dissocier l’assurance emprunteur du crédit. Ensuite, la loi Hamon, permettant de changer d’assurance pendant un an à compter de la signature de l’offre. Et si tout cela semblait joli sur le papier, aujourd’hui, les chiffres récemment publiés par le courtier en financement et assurance Le Partenaire démontrent que rien n’a changé. A peine trois emprunteurs sur dix font appel à un assureur autre que celui de l’établissement prêteur. Soit aucune augmentation depuis l’entrée en vigueur de la loi Hamon.

Cette loi a eu quelques effets positifs. Pressentant une concurrence accrue de la part des assureurs, certaines banques ont revu leur offre. « Elles ont baissé le prix de leur propre assurance, en proposant notamment une assurance différenciée pour les moins de 30 ans », remarque Sandrine Allonier, responsable des relations banques chez Vousfinancer.com. C’est toujours un peu plus cher que la délégation : « un taux de 0,19 % par exemple contre 0,10 % » précise la spécialiste. « Mais comparé au 0,30 % d’une assurance classique, c’est déjà mieux. » 

Les emprunteurs le couteau sous la gorge

Les effets de la loi Hamon ne sont pas ceux attendus. Les banques ne jouent pas le jeu.« Face à des clients réticents, constate Sandrine Allonier, elles rappellent à ces derniers qu’une fois l’offre de prêt signée chez elles, ils ont désormais la possibilité de changer d’assurance. Mais l’emprunteur, après avoir déjà fait beaucoup de démarches administratives au moment de son acquisition, n’a pas envie de se replonger à nouveau là-dedans ».

Plus pernicieux encore, certaines banques glissent entre les lignes la menace d’allonger le temps de prise en charge du dossier de l’emprunteur  »ou qu’il sera compliqué de garantir le taux », explique Fabienne Laborde, directrice commerciale du Partenaire. Forcément, ce sont les mots magiques pour décourager beaucoup de clients, inquiets de voir leur prêt refusé ou leur taux subitement grimper.

Article Radins.com – Amandine VANSTAEVEL