Deux sondages publiés coup sur coup confirment la méconnaissance d’une majorité d’emprunteurs sur leurs possibilités – récemment élargies – d’optimiser le coût de l’assurance de leur crédit immobilier. La rentrée 2015 pourrait toutefois marquer le début d’un réel développement pour la délégation d’assurance emprunteur.

Deux sondages différents, quasiment aux mêmes dates, pour un constat unique : lorsqu’on les questionne sur l’assurance emprunteur, plus de 6 Français sur 10 avouent ne pas connaître la loi Hamon. Publiées un an après son entrée en vigueur, les deux études – commanditées par l’assureur Metlife et le courtier Le-partenaire.fr – confirment donc en premier lieu le déficit de notoriété de cette mesure visant à stimuler la concurrence sur le marché de l’assurance emprunteur, en permettant aux acheteurs de changer d’assureur jusqu’à un an après la signature de leur offre de prêt immobilier.

« Plus de la moitié (53%) des personnes interrogées n’ont pas encore conscience qu’elles peuvent changer d’assurance emprunteur après avoir souscrit un contrat d’assurance de prêt auprès de leur établissement bancaire », ajoute-t-on chez Metlife. « En outre, presque trois quarts des répondants avouent ne jamais avoir pensé changer d’assurance emprunteur ou ne pas savoir pourquoi ne pas en avoir changé » ! Constat similaire chez Le-Partenaire.fr, dont le sondage indique que seulement 45% des personnes interrogées (1) pensent pouvoir faire des économies avec ce dispositif. Pourtant, c’est bien le gain financier qui semble être le principal moteur pour un éventuel changement d’assurance (à 54% selon le sondage Metlife), assez nettement devant l’accès à de meilleures garanties.

Loi Hamon : « pratiquement pas d’incidence »

« Les dispositions Hamon semblent davantage avoir mobilisé les professionnels du secteur banque et assurance que les consommateurs eux-mêmes, » déclare ainsi Joël Farré, DG de Metlife France pour résumer la situation actuelle. « La loi n’a pratiquement pas eu d’incidence sur le nombre de délégations, » affirme même Le-Partenaire.fr, avec « à peine 3 emprunteurs sur 10 [qui] font appel à un assureur autre que celui de l’établissement prêteur ». Et encore : cette proportion est calculée sur l’échantillon constitué par le courtier pour son sondage (composé d’internautes intéressés par un prêt immobilier et de clients du courtier). La dernière statistique nationale sur le sujet, issue de l’association française de l’assurance, fait état en 2013 d’un taux de délégation stagnant à 15% pour l’assurance emprunteur.

Conjonction de facteurs favorables

Chez Metlife, on semble toutefois optimiste à court terme : l’assureur annonce une hausse de près de 50% de son volume d’affaires nouvelles en assurance emprunteur individuelle à juin 2015 par rapport à juin 2014. « Saluons l’effort de transparence du marché pour une meilleure lisibilité des niveaux de garanties proposés qui bénéficie pleinement à notre activité, en particulier dans un contexte favorable de faibles taux, » ajoute Joël Farré, évoquant la conjonction de deux facteurs ayant toutes les chances de contribuer au développement de la délégation dans les mois à venir : l’entrée en vigueur au 1er octobre prochain d’un arrêté définissant le format et le contenu de la nouvelle fiche standardisée d’information qui doit être remise aux emprunteurs (pour faciliter la comparaison des contrats). Et, en parallèle, des taux d’intérêts du crédit immobilier qui, malgré un début de remontée, promettent de rester à des niveaux très compétitifs jusqu’en 2016. Rendant de fait les économies potentielles sur l’assurance emprunteur plus « visibles » pour les emprunteurs soucieux d’optimiser le coût global de leur crédit, par rapport à ce qu’ils pourront négocier sur le taux d’intérêt.

Article CBanque – 

(1) L’étude menée par Le-Partenaire.fr a été « réalisée par mail et téléphone auprès de 1.278 personnes du 17 au 28 juillet 2015 », échantillon provenant « d’un formulaire envoyé à nos internautes intéressés par un prêt immobilier et une assurance, et de nos clients courtage en financement. » Le sondage Metlife/Toluna a quant à lui été réalisé en ligne le 22 juillet 2015 sur une base de 1.000 personnes.